L’esprit Chevaleresque

Catherine de Sienne disait : « d’abord,  il faut avoir la foi » ; et Pascal confirmait cette opinion en écrivant « rien d’important ne se crée sans le solide tuteur d’une foi profonde ».

Ces propos d’éternité sont la  base de la grande morale chevaleresque, bien oubliée de nos jours, et que de trop rares sociologues tentent de réveiller.

Il est certain que l’on assiste souvent à de très nobles actions, mais elles sont détachées de notre morale quotidienne, elles naissent d’une inspiration soudaine et non d’une règle de vie, admise un fois pour toutes.

La chevalerie c’était jadis la façon de vivre d’une certaine élite, le geste héroïque n’était pas accidentel et l’adoubé n’attendait pas dans sa demeure l’occasion de manifester la noblesse de son destin, il recherchait le fait qui permet de se montrer à la fois grand et modeste. S’il se payait de gloire, laissons-lui cette humaine faiblesse, il est si rare que l’homme agisse gratuitement.

Les chevaliers modernes, plus nombreux que l’on ne l’imagine, ne se remarquent pas dans la rue, ils ne portent pas d’uniforme qui les distingue du commun des mortels, ils ne portent plus le glaive au côté, car c’est avec le cœur et l’esprit qu’ils continuent le combat. Ils savent néanmoins qu’il y a toujours des enchanteurs qui se déguisent en moulin, combien d’êtres nuisibles portent un masque de foi .et de bonté pour mieux cacher leurs intentions perfides.

Et puis le mal n’est pas toujours dans l’homme, il n’est souvent que l’ombre du ben, il fat peiner pour le découvrir.

Les pionniers des rayons X qui se dévouèrent pour l’humanité, et subirent amputations après amputations sans abandonner leurs recherches furent d’incontestables chevaliers, même si aucune épée n’avait touché leurs épaules. Qui aujourd’hui se souvient de leurs noms?

Les premiers aviateurs qui en survolant les frontières, en réduisant les distances, poursuivaient un idéal de paix et furent d’incontestables chevaliers, voici les noms de ces quelques chevaliers sans armure : Schweitzer, Brossollette, Saint-Exupéry, Leclerc, Cousteau, Luther King, S.S. Jean XXIII, Gandhi, Foucauld, Charcot, Teihard de Chardin et tous ceux qui savent vivre ou mourir pour un grand idéal qu’ils soient soldats, religieux, savants ou poètes qu’importe. Est chevalier de droit qui se sacrifie volontairement.

Non, et loin de là, la chevalerie n’est pas morte, et nous chevaliers armés devons faire de notre vocation le pont entre hier et aujourd’hui pour que demain demeure l’essentiel « l’idée ».

Qu’il vienne l’homme incontestable, le colporteur de vérités qu’il ramasse le flambeau qui peut-être un jour tombera de nos mains lasses, qu’il nous montre la voie du chemin d’une pacifique croisade.

La chevalerie ça se prêche, ça se vit, ce n’est pas une médaille ou un bout de ruban, c’est un état d’esprit. Ce n’est pas une récompense, un bouquet de félicitations, c’est la réalisation d’une promesse.

La chevalerie, c’est le choix délibéré du chemin le plus difficile, avec pour guides l’amour et l’altruisme.

Si un crédo du chevalier existait peut-être serait-il celui là :

D’abord il faut croire.

Crois en l’absurde, crois en l’abstrait, crois en l’impossible si ton honneur et ta raison t’ordonne de croire.

Crois en l’esprit qui, divine matière, règne sur la matière palpable.

Crois qu’il existe au cœur de l’homme, une graine qui attend sa résurrection.

Crois que la résurrection, est un épanouissement dans la multiplication.

Crois que le végétal, tend vers l’animal.

Crois que l’animal tend vers l’humain.

Crois que l’humain tend vers la divinité.

Crois que tout vient de Dieu et que tout y retourne.

Crois que la création est un cercle parfait.

Crois qu’un mot de sagesse va plus loin que le bruit qu’il fait.

Crois qu’un geste d’amour s’étend à l’univers entier.

Crois en la tradition qui flèche le devenir de l’humanité.

Crois profondément à ta certitude et travaille.

 

Voici juste quelques réflexions qui bien sur n’engagent que son auteur mais qui peuvent peut-être générer une ou deux remarques nous permettant de poursuivre notre quête.

Ceci dit l’Ordre du Saint-Sauveur de Montréal est très attaché à la chevalerie d’épée qu’il représente parmi d’autres institutions, le sacrement de l’armement nous est précieux et parce qu’elle n’est pas une décoration, notre croix nous est essentielle pour vivre une conviction, celle de notre devise « Pour l’honneur nous le pouvons ».

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